# Jonas et la Baleine

_Retold by Talerie (talerie.com) from Bible Segond 1910_ · 7 min read · ages 5+

Jonas fuit Dieu, passe trois jours dans le ventre d’un énorme poisson, puis va crier à Ninive que la ville sera détruite, et Dieu épargne ses habitants, qui renoncent au mal. Furieux, Jonas voit une plante aux larges feuilles pousser puis sécher, et Dieu lui demande : « Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive ? »

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Jonas, fils d’Amittaï, était un prophète du peuple hébreu. Un jour, Dieu dit à Jonas :

— Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et dis bien haut à ses habitants que j’ai vu tout le mal qu’ils font.

Jonas se leva, mais ce fut pour s’enfuir à l’autre bout du monde, à Tarsis, le plus loin possible de Dieu. Il descendit jusqu’au port de Jaffa et trouva un bateau qui partait pour Tarsis. Il paya son passage et monta à bord avec les autres voyageurs.

Mais Dieu fit souffler sur la mer un vent violent, et une terrible tempête se leva. Les vagues secouaient le bateau si fort qu’il menaçait de se briser. Les marins prirent peur, et chacun supplia son propre dieu. Pour alléger le navire, ils jetèrent la cargaison par-dessus bord.

Pendant ce temps, Jonas était descendu tout au fond de la cale. Il s’était couché, et il dormait profondément.

Le capitaine vint le trouver.

— Comment pouvez-vous dormir ? lui dit-il. Levez-vous, priez votre Dieu ! Peut-être pensera-t-il à nous, et nous ne mourrons pas.

Sur le pont, les marins se disaient entre eux :

— Tirons au sort, pour savoir à cause de qui ce malheur nous arrive.

Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. Aussitôt, ils le pressèrent de questions.

— Dites-nous pourquoi ce malheur nous arrive. Quel est votre métier ? D’où venez-vous ? Quel est votre pays, et de quel peuple êtes-vous ?

— Je suis un Hébreu, répondit Jonas. Je crains Dieu, le Dieu du ciel, celui qui a fait la mer et la terre.

Il leur avoua aussi qu’il fuyait loin de son Dieu. Les marins furent saisis d’une grande frayeur.

— Qu’avez-vous fait là ! s’écrièrent-ils. Que devons-nous faire de vous pour que la mer se calme ?

Car la mer devenait de plus en plus furieuse.

— Prenez-moi et jetez-moi à la mer, répondit Jonas, et elle se calmera. Je sais bien que c’est à cause de moi que cette grande tempête s’est abattue sur vous.

Les marins ne voulaient pas en arriver là. Ils se mirent à ramer de toutes leurs forces pour regagner la côte, mais ils n’y parvinrent pas : la mer se déchaînait toujours plus contre eux. Alors ils supplièrent le Dieu de Jonas :

— Dieu, ne nous fais pas mourir à cause de cet homme, et ne nous accuse pas d’avoir tué un innocent ! C’est toi qui as voulu tout ce qui arrive.

Puis ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. Au même instant, la tempête cessa. Les marins furent remplis d’une grande crainte de Dieu ; ils lui offrirent un sacrifice et firent des vœux.

Dieu fit venir un énorme poisson, qui avala Jonas. Le prophète resta dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Et là, au fond des eaux, Jonas pria son Dieu :

— Dans ma détresse, je t’ai appelé, et tu m’as répondu. Du fond du pays des morts, j’ai crié, et tu as entendu ma voix. Tu m’avais jeté au cœur de la mer, les courants m’entouraient, tes vagues passaient sur moi. Je me disais : « Me voilà chassé loin de toi. » Et pourtant, je reverrai ton temple.

Puis il reprit :

— L’eau me recouvrait tout entier, les algues s’enroulaient autour de ma tête, et la terre allait se refermer sur moi pour toujours. Mais tu m’as fait remonter vivant, mon Dieu. Quand mes forces me quittaient, je me suis souvenu de toi, et ma prière est montée jusqu’à toi. Je t’offrirai des sacrifices et je tiendrai mes promesses, car c’est de toi que vient le salut.

Dieu parla au poisson, et le poisson recracha Jonas sur la terre ferme.

Une seconde fois, Dieu dit à Jonas :

— Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et annonce-lui le message que je vais te donner.

Cette fois, Jonas se leva et partit pour Ninive, comme Dieu le lui avait demandé. Ninive était une ville immense : il fallait trois jours de marche pour la traverser. Jonas y entra et marcha toute une journée en criant :

— Encore quarante jours, et Ninive sera détruite !

Les habitants de Ninive crurent à la parole de Dieu. Ils décidèrent de jeûner, et tous, des plus grands jusqu’aux plus petits, s’habillèrent de toile de sac.

La nouvelle parvint jusqu’au roi de Ninive. Il descendit de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit dans la cendre. Puis il fit proclamer dans toute la ville, en son nom et au nom de ses conseillers :

— Que les hommes et les bêtes, les bœufs comme les brebis, ne mangent rien ! Que les troupeaux ne broutent pas et ne boivent pas d’eau ! Que tous, hommes et bêtes, soient couverts de sacs. Criez vers Dieu de toutes vos forces, et que chacun renonce au mal et à la violence ! Qui sait ? Peut-être Dieu changera-t-il d’avis et calmera-t-il sa colère, et nous ne mourrons pas.

Dieu vit qu’ils se détournaient du mal. Il changea d’avis : le malheur qu’il avait annoncé, il ne l’envoya pas.

Jonas le prit très mal, et il se mit en colère. Il dit à Dieu :

— Ah, Dieu ! C’est bien ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ! Voilà pourquoi je me suis enfui à Tarsis. Je savais que tu es un Dieu plein de tendresse et de pitié, lent à te fâcher, riche en bonté, et que tu renonces à punir. Alors maintenant, ôte-moi la vie : j’aime mieux mourir que vivre.

— As-tu raison de te mettre en colère ? répondit Dieu.

Jonas sortit de la ville et alla s’asseoir à l’est. Il s’y construisit une cabane et s’installa à l’ombre, pour voir ce qui allait arriver à Ninive.

Dieu fit alors pousser une plante aux larges feuilles. Elle grandit au-dessus de Jonas pour lui donner de l’ombre sur la tête et l’apaiser un peu. Jonas fut tout heureux de cette plante.

Mais le lendemain, à l’aube, Dieu envoya un ver qui rongea la plante, et la plante se dessécha. Quand le soleil se leva, Dieu fit souffler un vent brûlant venu de l’est. Le soleil frappait si fort la tête de Jonas qu’il se sentit défaillir. Il souhaita mourir et dit :

— J’aime mieux mourir que vivre.

— As-tu raison de te mettre en colère à cause de la plante ? lui demanda Dieu.

— Oui, j’ai raison de me mettre en colère, à en mourir ! répondit Jonas.

Dieu lui dit alors :

— Tu as pitié de cette plante, qui ne t’a coûté aucune peine et que tu n’as pas fait pousser. Elle est née en une nuit, et en une nuit elle a disparu. Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, où vivent plus de cent vingt mille personnes qui ne savent pas distinguer leur main droite de leur main gauche, et tant d’animaux ?

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## About this tale

Jonas et la Baleine est un récit biblique : il reprend tout le livre de Jonas, quatre courts chapitres. Le livre ne nomme pas son auteur ; dès son premier verset, il présente Jonas comme « fils d’Amitthaï ». Pour le réécrire, nous sommes partis de la Bible de Louis Segond, édition de Paris de 1910.

Chez Segond, Jonas est avalé par « un grand poisson », et dans notre récit par « un énorme poisson » : la baleine n’apparaît que dans notre titre. Notre texte suit les quatre chapitres jusqu’aux derniers mots de Dieu, abrège la prière de Jonas et dit « Dieu » là où Segond écrit souvent « l’Éternel ».

> Le prophète resta dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.
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> Jonas 2,1, Bible Segond, 1910 : L’Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.

### Le livre de Jonas chez Segond et dans notre récit

|  | Segond (1910) | Notre récit |
| --- | --- | --- |
| L’animal | « un grand poisson » | « un énorme poisson », jamais une baleine |
| Le nom de Dieu | le plus souvent l’Éternel | toujours Dieu |
| Le port | Japho | Jaffa |
| La prière | « Du sein du séjour des morts » | « Du fond du pays des morts » |
| L’annonce à Ninive | « Ninive est détruite ! » | « Ninive sera détruite ! » |
| La plante | un ricin | une plante aux larges feuilles |
| La dernière phrase | se termine par un point d’exclamation | se termine par un point d’interrogation |

### Ce que fait notre récit

Notre récit ne saute aucun épisode du livre, pas même ce qui se passe après le poisson. Au lieu d’aller à Ninive, Jonas s’embarque pour Tarsis. Pendant la tempête, les marins tirent au sort et le sort tombe sur lui ; c’est Jonas lui-même qui leur demande de le jeter à la mer, et ils ne le font qu’après avoir ramé en vain vers la côte. Il passe trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, y prie, puis le poisson le recrache sur la terre ferme. À Ninive, les habitants jeûnent et s’habillent de toile de sac, le roi comme les autres, et Dieu renonce à détruire la ville. Jonas s’en fâche. Dieu fait pousser une plante pour lui donner de l’ombre, puis envoie un ver qui la ronge, et tout finit sur une question de Dieu au sujet de Ninive, à laquelle Jonas ne répond pas.

Les passages difficiles sont racontés sans détour. Si vous lisez l’histoire à un enfant, vous pouvez lui dire que Jonas est jeté par-dessus bord parce qu’il l’a demandé, qu’il sort vivant du poisson, et que son « j’aime mieux mourir que vivre » est la bouderie d’un homme en colère, à qui Dieu répond par une question et non par une menace.

### Jonas dans l’Évangile, et un autre animal marin

Jonas revient dans l’Évangile selon Matthieu. Au chapitre 12, Jésus parle du « prophète Jonas » et rappelle que Jonas fut trois jours et trois nuits « dans le ventre d’un grand poisson ». Dans la traduction de Segond, il n’y a donc de baleine ni dans le livre de Jonas ni dans ce passage.

Pinocchio fait penser à cette histoire : le pantin y est lui aussi englouti en mer, et il retrouve son père dans le ventre de l’animal. Dans notre Pinocchio, cet animal est « un requin énorme », et non une baleine.

Sources (claims checked against them on 2026-10-31):
- 1910: Jonas, La Sainte Bible, trad. Louis Segond, Paris, 1910, p. 759-761 [our source] (https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Segond_1910/Jonas)
- 1910: Évangile selon Matthieu, La Sainte Bible, trad. Louis Segond, 1910, p. 1-32 (https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Segond_1910/Évangile_selon_Matthieu)
- Wikidata Q178819 (https://www.wikidata.org/wiki/Q178819)

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- Read online: https://talerie.com/fr/contes/jonas-et-la-baleine
- Also in: [English](https://talerie.com/en/tales/jonah-and-the-whale.md), [German](https://talerie.com/de/maerchen/jona-und-der-wal.md), [Spanish](https://talerie.com/es/cuentos/jonas-y-la-ballena.md), [Portuguese](https://talerie.com/pt/contos/jonas-e-a-baleia.md), [Czech](https://talerie.com/cs/pohadky/jonas-a-velryba.md), [Polish](https://talerie.com/pl/bajki/jonasz-i-wieloryb.md)
- Wikidata: https://www.wikidata.org/wiki/Q178819
- Source: La Sainte Bible, traduction Louis Segond (1910): Jonas 1–4 (https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Segond_1910/Jonas)
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