# Le Lièvre et la Tortue

_Ésope_ · 3 min read · ages 4-9

Un matin de printemps, le lièvre se moque de la tortue, qui avance si lentement qu’on la croirait arrêtée, et elle lui propose une course. Certain d’avoir tout son temps, le lièvre pique un somme sous un buisson ; à son réveil, la tortue est déjà assise dans l’herbe au pied du chêne et le renard annonce la gagnante.

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Par un beau matin de printemps, le lièvre traversait le pré en trois bonds quand il aperçut la tortue sur le sentier. Elle avançait si lentement qu’on aurait pu croire qu’elle ne bougeait pas du tout.

Le lièvre s’arrêta net et se tint les côtes de rire.

— Regarde-toi ! dit-il. À ce train-là, tu vas prendre racine avant d’arriver au bout du chemin.

La tortue leva la tête, sans se fâcher.

— Attends un peu, répondit-elle. Je te propose une course, toi et moi. Et je parie que c’est moi qui gagne.

Le lièvre rit de plus belle. L’idée lui parut si drôle qu’il accepta sur-le-champ.

— Eh bien, essayons, dit-il. Tope là !

— Il nous faut quelqu’un pour juger, dit la tortue.

Le renard, qui passait justement par là, voulut bien s’en charger. Il traça une ligne dans la poussière du sentier, planta un piquet à ruban rose au pied du vieux chêne, tout au bout du pré, et leva la patte pour donner le départ.

Le lièvre partit comme une flèche. En quelques bonds, il était déjà au milieu du pré ; quand il se retourna, la tortue n’était plus qu’un petit point sombre au loin.

— Ce n’est même pas une course, dit-il tout haut. J’ai tout mon temps.

Il faisait bon, l’herbe était tendre. Le lièvre se coucha à l’ombre d’un buisson, le temps de reprendre son souffle, et piqua un somme.

Pendant ce temps, la tortue avançait. Elle ne courait pas, elle ne s’arrêtait pas non plus : un pied devant l’autre, puis encore un, sans jamais lever le nez du chemin.

Elle passa près du buisson où le lièvre dormait, l’entendit souffler dans son sommeil, et continua son chemin.

Le soleil descendit un peu. Les ombres s’allongèrent sur le pré.

Puis le lièvre se réveilla en sursaut. Il dressa l’oreille : pas un bruit. Il regarda le sentier derrière lui : personne.

Alors il bondit et courut à perdre haleine, plus vite qu’il n’avait jamais couru, le vent plein les oreilles.

Mais au pied du vieux chêne, la tortue était déjà assise dans l’herbe, et le renard annonçait la gagnante.

Le lièvre n’en crut pas ses yeux. Il arrivait bon dernier, lui, le plus rapide du pré.

Il resta là, à bout de souffle, sans trouver un mot à dire. La tortue, elle, n’avait plus qu’à se reposer.

**Moral:** À force d’avancer petit à petit, on finit par arriver avant celui qui court vite et s’arrête en chemin.

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- Read online: https://talerie.com/fr/contes/le-lievre-et-la-tortue
- Wikidata: https://www.wikidata.org/wiki/Q1067484
- Tale type: ATU 275A, Perry 226 (per Wikidata)
- Source: Aesop's Fables: a new translation, tr. V. S. Vernon Jones (1912) (https://www.gutenberg.org/ebooks/11339)
- Public-domain basis: Talerie contemporary retelling (CC0 2026), based on: Aesop's Fables: a new translation, tr. V. S. Vernon Jones (1912) — translation: author died 564 BC (+70 passed); translator V. S. Vernon Jones died 1955 (+70 passed)
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