# Le Pêcheur et le Génie

_Antoine Galland_ · 18 min read · ages 6-10

Un vieux pêcheur pauvre remonte un vase de cuivre jaune scellé, d’où sort un génie qui veut le tuer, et le pêcheur le piège en le défiant d’y rentrer. Libéré sur un serment, le génie le mène à un étang aux poissons de quatre couleurs ; le pêcheur en porte quatre au sultan, qui lui fait donner quatre cents pièces d’or.

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Il était une fois un pêcheur très âgé et si pauvre qu’il gagnait à peine de quoi nourrir sa femme et ses trois enfants. Chaque jour, il partait pêcher de grand matin, et il s’était fait une règle de ne jeter ses filets que quatre fois, pas une de plus.

Un matin, il quitta sa maison au clair de lune et descendit au bord de la mer. Il ôta ses vêtements et lança ses filets. En les ramenant vers la rive, il sentit qu’ils résistaient ; il crut tenir une belle prise et s’en réjouit déjà. Mais quand les filets furent sur le sable, il n’y trouva pas un seul poisson : ils ne contenaient que la carcasse d’un âne. Le pauvre homme en eut beaucoup de peine.

La carcasse avait déchiré les mailles en plusieurs endroits. Tout triste de ce mauvais coup, le pêcheur raccommoda ses filets, puis les jeta une deuxième fois. De nouveau ils pesèrent lourd, et il les crut pleins de poissons ; il n’en sortit qu’un grand panier rempli de gravier et de boue. Il en fut accablé.

— Ô Fortune, s’écria-t-il d’une voix à faire pitié, cesse d’être en colère contre moi ! Ne t’acharne pas sur un malheureux qui te demande grâce. Je suis sorti de chez moi pour gagner ma vie, et c’est ma mort que tu m’annonces. Je n’ai pas d’autre métier que celui-ci, et j’ai beau m’y donner de toute mon âme, c’est à peine si ma famille a de quoi manger. Mais j’ai tort de me plaindre de toi : tu prends plaisir à maltraiter les braves gens et à laisser dans l’ombre ceux qui ont du mérite, tandis que tu combles les méchants et que tu élèves ceux qui n’en ont aucun.

Sur ces mots, il jeta le panier loin de lui avec colère. Il lava soigneusement ses filets, que la boue avait salis, et les lança pour la troisième fois. Il ne ramena que des pierres, des coquillages et des ordures. On ne saurait dire combien il fut désespéré ; il faillit en perdre la raison.

Cependant le jour commençait à poindre. En bon musulman, il n’oublia pas de faire sa prière, et il y ajouta celle-ci :

— Seigneur, vous savez que je ne jette mes filets que quatre fois par jour. Je les ai déjà jetés trois fois sans rien tirer de ma peine. Il ne me reste plus qu’un coup : je vous en supplie, rendez-moi la mer favorable, comme vous l’avez rendue à Moïse.

Sa prière achevée, le pêcheur jeta ses filets pour la quatrième fois. Quand il jugea qu’ils devaient être pleins, il les tira, comme les autres fois, avec bien du mal. Il n’y avait toujours pas de poisson ; mais au fond des mailles il trouva un vase de cuivre jaune, si lourd qu’il semblait rempli de quelque chose. Le vase était fermé par un couvercle de plomb, et dans ce plomb on voyait l’empreinte d’un sceau. Le vieil homme en fut tout content.

« Je le vendrai à un fondeur, se dit-il, et avec l’argent j’achèterai une mesure de blé. »

Il tourna le vase dans tous les sens et le secoua, pour entendre si ce qu’il y avait dedans faisait du bruit. Il n’entendit rien. Ce silence, avec le sceau imprimé dans le plomb, lui fit penser que le vase devait renfermer quelque chose de précieux. Pour en avoir le cœur net, il prit son couteau et, non sans peine, fit sauter le couvercle. Aussitôt il pencha l’ouverture vers le sol ; rien n’en sortit, et il en resta tout surpris.

Il posa le vase devant lui. Pendant qu’il le regardait attentivement, une fumée très épaisse s’en échappa, si épaisse qu’il dut reculer de deux ou trois pas. Elle monta jusqu’aux nuages, s’étendit sur la mer et sur le rivage et forma un grand brouillard. Vous pouvez imaginer la stupeur du pêcheur !

Quand toute la fumée fut sortie du vase, elle se rassembla et prit corps, et il en naquit un génie deux fois plus grand que le plus grand des géants. Devant un monstre d’une taille pareille, le pêcheur voulut s’enfuir ; mais il était si troublé et si effrayé que ses jambes refusèrent de le porter.

— Salomon ! s’écria d’abord le génie. Salomon, grand prophète de Dieu, pardon, pardon ! Jamais plus je ne m’opposerai à vos volontés. J’obéirai à tous vos ordres…

En entendant ces paroles, le pêcheur se rassura et lui dit :

— Esprit orgueilleux, que dites-vous là ? Il y a plus de mille huit cents ans que Salomon, le prophète de Dieu, est mort, et nous voici presque à la fin des temps. Racontez-moi plutôt votre histoire, et dites-moi pourquoi vous étiez enfermé dans ce vase.

— Parle-moi plus poliment, répondit le génie en le toisant d’un air hautain. Tu es bien hardi de m’appeler esprit orgueilleux.

— Fort bien, reprit le pêcheur. Serai-je plus poli si je vous appelle hibou porte-bonheur ?

— Je te dis de me parler plus poliment, répéta le génie, avant que je te tue.

— Et pourquoi me tueriez-vous ? répliqua le pêcheur. Je viens de vous rendre la liberté ; l’avez-vous déjà oublié ?

— Non, je m’en souviens, dit le génie, mais cela ne m’empêchera pas de te faire mourir. Je n’ai qu’une seule grâce à t’accorder.

— Et quelle est cette grâce ?

— C’est de te laisser choisir de quelle manière tu veux que je te tue.

— Mais en quoi vous ai-je offensé ? reprit le pêcheur. Est-ce ainsi que vous voulez me récompenser du bien que je vous ai fait ?

— Je ne peux pas te traiter autrement, dit le génie. Et pour que tu en sois convaincu, écoute mon histoire.

— Je suis l’un de ces esprits rebelles qui se sont dressés contre la volonté de Dieu, commença-t-il. Tous les autres génies reconnurent le grand Salomon, prophète de Dieu, et se soumirent à lui. Nous fûmes les seuls, Sacar et moi, à refuser de nous abaisser ainsi. Pour se venger, ce puissant roi chargea son premier ministre, Assaf, fils de Barakhia, de venir me prendre. Assaf se saisit de moi et me traîna de force devant le trône de son maître.

— Salomon, fils de David, poursuivit le génie, m’ordonna de changer de vie, de reconnaître son pouvoir et de me soumettre à ses commandements. Je refusai fièrement : j’aimais mieux braver toute sa colère que lui prêter le serment de fidélité qu’il exigeait. Pour me punir, il m’enferma dans ce vase de cuivre. Et pour que je ne puisse jamais forcer ma prison, il imprima lui-même sur le couvercle de plomb son sceau, où était gravé le grand nom de Dieu. Puis il remit le vase à l’un des génies qui lui obéissaient, avec l’ordre de me jeter à la mer, ce qui fut fait, à mon grand désespoir.

— Pendant le premier siècle de ma prison, reprit-il, je jurai que si quelqu’un me délivrait avant la fin des cent ans, je le rendrais riche, lui et les siens après lui. Mais le siècle passa, et personne ne me rendit ce service. Pendant le deuxième siècle, je fis le serment d’ouvrir tous les trésors de la terre à celui qui me rendrait la liberté ; je n’eus pas plus de chance. Au troisième, je promis de faire de mon libérateur un roi puissant, de rester toujours à ses côtés et de lui accorder chaque jour trois souhaits, quels qu’ils soient ; mais ce siècle s’écoula comme les deux autres, et je restai prisonnier.

— À la fin, conclut le génie, je fus pris d’un tel dépit, ou plutôt d’une telle rage de me voir enfermé depuis si longtemps, que je jurai de tuer sans pitié quiconque me délivrerait désormais, et de ne lui accorder qu’une seule grâce : choisir sa mort. Or c’est toi qui es venu ici aujourd’hui et qui m’as délivré. Choisis donc comment tu veux que je te tue.

Ce discours désola le pêcheur.

— Que je suis malheureux d’être venu ici rendre un si grand service à un ingrat ! s’écria-t-il. Voyez, je vous en prie, combien vous êtes injuste, et revenez sur un serment si déraisonnable. Pardonnez-moi, et Dieu vous pardonnera de même. Si vous me laissez généreusement la vie, il vous protégera de tous les complots qu’on formera contre vous.

— Non, ta mort est certaine, dit le génie. Choisis seulement de quelle façon tu veux que je te fasse mourir.

Voyant le génie décidé à le tuer, le pêcheur en eut un immense chagrin, moins pour lui-même que pour ses trois enfants : il pensait à la misère où sa mort allait les laisser. Il essaya encore une fois d’apaiser le géant.

— Hélas ! reprit-il, daignez avoir pitié de moi, en souvenir de ce que j’ai fait pour vous.

— Je te l’ai déjà dit, répondit le génie : c’est justement pour cette raison que je dois t’ôter la vie.

— Voilà qui est étrange, répliqua le pêcheur : vous tenez absolument à rendre le mal pour le bien. Le proverbe dit que celui qui fait du bien à qui ne le mérite pas en est toujours mal payé. Je croyais, je l’avoue, que c’était faux, car rien n’est plus contraire à la raison ni aux lois qui unissent les hommes. Et pourtant, j’apprends aujourd’hui à mes dépens que ce n’est que trop vrai.

— Ne perdons pas de temps, coupa le génie. Tous tes raisonnements ne me détourneront pas de mon dessein. Dépêche-toi de dire comment tu veux que je te tue.

La nécessité rend ingénieux, et le pêcheur eut l’idée d’une ruse.

— Puisque je ne peux pas échapper à la mort, dit-il au génie, je me soumets à la volonté de Dieu. Mais avant de choisir ma mort, je vous en conjure par le grand nom de Dieu qui était gravé sur le sceau du prophète Salomon, fils de David : répondez sans mentir à une question que j’ai à vous poser.

Quand le génie entendit qu’on le conjurait par ce nom, il comprit qu’il était obligé de répondre franchement. Il en trembla au fond de lui-même, et dit au pêcheur :

— Demande-moi ce que tu voudras, et dépêche-toi.

Fort de cette promesse, le pêcheur lui demanda :

— Je voudrais savoir si vous étiez vraiment dans ce vase. Oseriez-vous le jurer par le grand nom de Dieu ?

— Oui, répondit le génie, je jure par ce grand nom que j’y étais, et c’est la pure vérité.

— Franchement, répliqua le pêcheur, je ne peux pas vous croire. Ce vase ne pourrait même pas contenir un seul de vos pieds : comment votre corps tout entier aurait-il pu y tenir ?

— Je te jure pourtant, reprit le génie, que j’y étais, tel que tu me vois. Tu ne me crois donc pas, après le grand serment que je viens de te faire ?

— Non, vraiment, dit le pêcheur, et je ne vous croirai pas tant que vous ne m’aurez pas montré la chose.

Alors le corps du génie se défit. Il se changea en fumée et s’étendit comme la première fois sur la mer et sur le rivage ; puis la fumée se rassembla et commença à rentrer dans le vase, lentement, régulièrement, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien au-dehors. Aussitôt une voix sortit du vase :

— Eh bien, pêcheur incrédule, me voici dans le vase. Me crois-tu, maintenant ?

Au lieu de répondre, le pêcheur saisit le couvercle de plomb et referma le vase en un éclair.

— Génie, cria-t-il, à ton tour de me demander grâce ! Choisis de quelle façon tu veux que je te fasse mourir. Mais non : il vaut mieux que je te rejette à la mer, à l’endroit même d’où je t’ai tiré. Ensuite je me ferai bâtir une maison sur ce rivage, et j’y vivrai pour avertir tous les pêcheurs qui viendront jeter leurs filets ici : qu’ils prennent bien garde de ne pas repêcher un méchant génie comme toi, qui as juré de tuer celui qui te rendrait la liberté.

À ces mots blessants, le génie, furieux, fit tous ses efforts pour sortir du vase ; mais il n’y parvint pas, car le sceau du prophète Salomon, fils de David, l’en empêchait. Voyant que le pêcheur avait désormais l’avantage, il prit le parti de cacher sa colère.

— Pêcheur, dit-il d’une voix radoucie, garde-toi bien de faire ce que tu dis. Ce que j’ai fait n’était qu’une plaisanterie, et tu ne dois pas le prendre au sérieux.

— Ô génie, répondit le pêcheur, toi qui étais il y a un instant le plus grand de tous les génies et qui en es maintenant le plus petit, sache que tes belles paroles ne te serviront à rien. Tu retourneras à la mer. Si tu y es resté tout le temps que tu m’as dit, tu pourras bien y rester jusqu’au jour du Jugement. Je t’ai supplié au nom de Dieu de ne pas m’ôter la vie, et tu as repoussé mes prières : je dois te rendre la pareille.

Le génie fit tout ce qu’il put pour attendrir le pêcheur.

— Ouvre le vase, dit-il, rends-moi la liberté, je t’en supplie. Je te promets que tu n’auras pas à t’en plaindre.

— Tu n’es qu’un traître, répondit le pêcheur. Je mériterais de perdre la vie si j’étais assez fou pour me fier à toi. Tu ne manquerais pas de me traiter comme un certain roi grec traita le médecin Douban. Si ce roi avait voulu laisser vivre le médecin, Dieu l’aurait épargné à son tour ; mais il repoussa ses plus humbles prières, et Dieu l’en punit. Il en va de même pour toi, génie. Si j’avais pu te fléchir et obtenir la grâce que je te demandais, j’aurais pitié à présent de l’état où tu es. Mais tu me devais ta liberté, et tu t’es obstiné à vouloir me tuer : je dois à mon tour être sans pitié. Je vais te laisser dans ce vase et te rejeter à la mer, et tu y resteras enfermé, comme mort, jusqu’à la fin des temps. Voilà comment je compte me venger de toi.

— Pêcheur, mon ami, répondit le génie, je t’en conjure encore une fois, ne commets pas une action si cruelle. Songe qu’il n’est pas beau de se venger, et qu’il est louable, au contraire, de rendre le bien pour le mal. Ne me traite pas comme Imma traita autrefois Ateca.

— Et que fit Imma à Ateca ? demanda le pêcheur.

— Oh ! si tu veux le savoir, ouvre-moi ce vase, répliqua le génie. Crois-tu que j’aie envie de raconter des histoires dans une prison si étroite ? Je t’en raconterai autant que tu voudras quand tu m’auras tiré d’ici.

— Non, dit le pêcheur, je ne te délivrerai pas. Assez parlé : je vais te jeter au fond de la mer.

— Encore un mot, pêcheur ! s’écria le génie. Je te promets de ne te faire aucun mal. Bien au contraire, je t’apprendrai un moyen de devenir très riche.

L’espoir de sortir de la misère désarma le pêcheur.

— Je pourrais t’écouter, dit-il, si l’on pouvait compter sur ta parole. Jure-moi par le grand nom de Dieu que tu feras de bonne foi ce que tu dis, et je t’ouvre le vase. Je ne crois pas que tu oses trahir un pareil serment.

Le génie jura, et le pêcheur ôta aussitôt le couvercle. La fumée s’échappa, et le génie reprit forme comme la première fois. À peine debout, il envoya le vase dans la mer d’un grand coup de pied. Le pêcheur prit peur.

— Génie, dit-il, qu’est-ce que cela veut dire ? Ne voulez-vous pas tenir le serment que vous venez de faire ? Faut-il que je vous répète ce que le médecin Douban disait au roi grec : « Laissez-moi vivre, et Dieu prolongera vos jours » ?

La frayeur du pêcheur fit rire le génie.

— Non, pêcheur, rassure-toi, répondit-il. Je n’ai jeté le vase que pour m’amuser et voir si tu aurais peur. Et pour te prouver que je veux tenir parole, prends tes filets et suis-moi.

Sur ces mots, il se mit en marche devant le pêcheur, qui le suivit, ses filets sur le dos, non sans une certaine méfiance. Ils passèrent devant la ville, grimpèrent jusqu’au sommet d’une montagne, puis redescendirent dans une vaste plaine, qui les mena jusqu’à un étang entouré de quatre collines.

Quand ils furent au bord de l’étang, le génie dit au pêcheur :

— Jette tes filets et prends du poisson.

Le pêcheur ne douta pas d’en prendre, car il en voyait une grande quantité dans l’étang. Mais ce qui l’étonna au plus haut point, c’est que ces poissons étaient de quatre couleurs : il y en avait des blancs, des rouges, des bleus et des jaunes. Il lança ses filets et en ramena quatre, un de chaque couleur. Comme il n’en avait jamais vu de pareils, il ne se lassait pas de les admirer ; et, à la pensée de la jolie somme qu’il pourrait en tirer, il était tout joyeux.

— Emporte ces poissons, lui dit le génie, et va les présenter à ton sultan : il t’en donnera plus d’argent que tu n’en as jamais tenu de toute ta vie. Tu pourras venir pêcher dans cet étang tous les jours ; mais je t’avertis : ne jette tes filets qu’une fois par jour, sinon il t’arrivera malheur. Prends-y bien garde. C’est un conseil que je te donne, et si tu le suis à la lettre, tu t’en trouveras bien.

En disant ces mots, il frappa la terre du pied. Elle s’ouvrit, l’engloutit et se referma sur lui.

Bien décidé à suivre point par point les conseils du génie, le pêcheur se garda de jeter ses filets une seconde fois. Il reprit le chemin de la ville, très content de sa pêche et repensant sans cesse à son aventure. Il alla tout droit au palais du sultan pour lui présenter ses poissons.

Imaginez la surprise du sultan quand il vit les quatre poissons que le pêcheur lui apportait ! Il les prit l’un après l’autre pour les examiner de près et, après les avoir longtemps admirés, il dit à son grand vizir :

— Prenez ces poissons et portez-les à l’habile cuisinière que l’empereur des Grecs m’a envoyée. J’imagine qu’ils seront aussi bons qu’ils sont beaux.

Le vizir les porta lui-même à la cuisinière et, en les lui remettant, lui dit :

— Voici quatre poissons qu’on vient d’apporter au sultan. Il vous ordonne de les lui préparer.

Sa commission faite, le grand vizir retourna auprès du sultan, son maître, qui le chargea de donner au pêcheur quatre cents pièces d’or ; ce qu’il fit fidèlement. Le pêcheur n’avait jamais possédé une si grosse somme à la fois. Il avait peine à croire à son bonheur et se demandait s’il ne rêvait pas.

Mais il comprit bientôt que ce n’était pas un rêve, car cet or lui servit à donner à sa famille tout ce dont elle avait besoin.

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- Source: Les Mille et Une Nuits, trad. Antoine Galland (Le Normant, 1806, tome 1), «Histoire du pêcheur» (https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mille_et_Une_Nuits/Histoire_du_p%C3%AAcheur)
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