OriginaleDavid et Goliath
9 min de lecture à partir de 7 ans talerie.com/fr/contes/david-et-goliath-original
Dans la vallée d’Éla, le géant Goliath défie matin et soir l’armée du roi Saül, et les Israélites ont peur. David, le plus jeune fils de Jessé, arrive au camp avec du pain pour ses frères. Il entend les paroles du Philistin et va dire au roi qu’il se battra contre le géant.
Les Philistins rassemblèrent leurs armées pour faire la guerre. Ils se réunirent à Soco, une ville du pays de Juda, et dressèrent leur camp entre Soco et Azéka, à Éphès-Dammim.
De son côté, le roi Saül rassembla les hommes d’Israël. Ils campèrent dans la vallée d’Éla et se rangèrent en ordre de bataille face aux Philistins. Les Philistins se tenaient sur une montagne, les Israélites sur la montagne d’en face, et la vallée les séparait.
Alors un homme sortit du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il s’appelait Goliath et venait de la ville de Gath. C’était un géant : il mesurait six coudées et un empan. Une coudée, c’est la longueur d’un avant-bras, et un empan, celle d’une main grande ouverte.
Le géant portait sur la tête un casque de bronze, et sur le corps une cuirasse à écailles qui pesait autant que cinq mille pièces d’argent. Des jambières de bronze lui protégeaient les jambes, et un javelot de bronze lui pendait entre les épaules. Le bois de sa lance était aussi gros que le rouleau d’un métier à tisser, et la pointe de fer pesait à elle seule autant que six cents pièces d’argent. Devant lui marchait le porteur de bouclier.
Goliath s’arrêta et cria aux troupes d’Israël :
— Pourquoi êtes-vous sortis vous ranger en bataille ? Moi, je suis le champion des Philistins, et vous, vous n’êtes que les esclaves de Saül ! Choisissez un homme, et qu’il descende se battre contre moi. S’il est le plus fort et qu’il me tue, nous serons vos esclaves. Mais si c’est moi qui l’emporte et qui le tue, c’est vous qui serez nos esclaves et qui nous servirez.
Puis il ajouta :
— Aujourd’hui, je lance un défi à l’armée d’Israël ! Donnez-moi un homme, et battons-nous seul à seul.
Quand le roi Saül et tous les Israélites entendirent ces paroles, ils furent saisis d’effroi.
Or, à Bethléem, dans le pays de Juda, vivait un homme nommé Jessé. Jessé était déjà un vieil homme, et il avait huit fils. Les trois aînés avaient suivi le roi à la guerre : le premier s’appelait Éliab, le deuxième Abinadab, et le troisième Shamma. Le plus jeune, c’était David. Lui était resté à Bethléem pour garder les moutons de son père.
Pendant ce temps, le Philistin s’avançait matin et soir entre les deux armées. Il vint ainsi lancer son défi quarante jours durant.
Un jour, Jessé dit à David :
— Prends ce sac de grain grillé et ces dix pains, et cours au camp les porter à tes frères. Porte aussi ces dix fromages au chef de leur troupe. Regarde si tes frères vont bien, et rapporte-moi de leurs nouvelles. Ils sont avec Saül et tous les hommes d’Israël dans la vallée d’Éla, où ils combattent les Philistins.

David se leva de bon matin. Il confia les moutons à un gardien, prit sa charge et partit, comme son père le lui avait demandé. Lorsqu’il arriva au camp, l’armée se mettait en marche pour se ranger en bataille, en poussant des cris de guerre. Israël et les Philistins se faisaient face, armée contre armée.
David laissa ses provisions au gardien des bagages et courut jusqu’aux rangs des soldats. À peine arrivé, il demanda à ses frères comment ils allaient.
Tandis qu’il parlait avec eux, Goliath, le Philistin de Gath, sortit des rangs de son armée et s’avança entre les deux camps. Il répéta les mêmes paroles que les autres jours, et cette fois, David les entendit.

À la vue du géant, tous les Israélites s’enfuirent devant lui, saisis d’une grande peur. Ils se disaient les uns aux autres :
— Vous avez vu cet homme qui s’avance ? Il vient défier Israël ! Celui qui le tuera, le roi le couvrira de richesses. Il lui donnera sa fille en mariage, et la famille de son père n’aura plus jamais d’impôts à payer en Israël.
David demanda aux hommes qui se trouvaient près de lui :
— Que fera-t-on pour celui qui tuera ce Philistin et qui lavera l’affront fait à Israël ? Qui est-il donc, ce Philistin, pour insulter l’armée du Dieu vivant ?
Les soldats lui répétèrent ce qu’ils venaient de dire :
— Voilà ce qu’on fera pour celui qui le tuera.
Éliab, le frère aîné de David, l’avait entendu parler avec ces hommes, et il se mit en colère contre lui.
— Qu’est-ce que tu es venu faire ici ? lui dit-il. Et à qui as-tu laissé tes quelques moutons, là-bas dans le désert ? Je te connais bien, va : tu es orgueilleux, et tu as le cœur mauvais. Tu es descendu jusqu’ici pour regarder la bataille, voilà tout !
— Mais qu’est-ce que j’ai fait ? répondit David. Je n’ai plus le droit de parler ?
Il se détourna de son frère et alla poser les mêmes questions à un autre soldat. On lui fit la même réponse que la première fois.
Les paroles de David passèrent de bouche en bouche et arrivèrent jusqu’au roi Saül, qui le fit appeler.
— Sire, dit David, que personne ne perde courage à cause de ce Philistin ! Moi, votre serviteur, j’irai me battre contre lui.
— Tu ne peux pas aller te battre contre ce Philistin, répondit Saül. Tu n’es qu’un jeune garçon, et lui, c’est un homme de guerre depuis sa jeunesse.
— Sire, reprit David, quand je gardais les moutons de mon père, il arrivait qu’un lion ou un ours vienne enlever un agneau du troupeau. Alors je courais après lui, je le frappais et j’arrachais l’agneau de sa gueule. Et si la bête se dressait contre moi, je la saisissais à la gorge, je la frappais et je la tuais. C’est comme ça que j’ai tué le lion et l’ours. Il en sera de même pour ce Philistin, puisqu’il a insulté l’armée du Dieu vivant. Dieu, qui m’a sauvé des griffes du lion et des pattes de l’ours, me sauvera aussi des mains de ce Philistin.
Alors Saül lui dit :
— Va, et que Dieu soit avec toi !
Le roi fit habiller David de ses propres vêtements de guerre. Il lui posa sur la tête un casque de bronze et le revêtit d’une cuirasse. David attacha l’épée de Saül par-dessus ses habits et essaya de faire quelques pas, car il n’avait jamais rien porté de pareil. Puis il dit au roi :
— Sire, je ne peux pas marcher avec tout ça, je n’y suis pas habitué.

Et il enleva tout.
Il prit son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres bien lisses et les glissa dans la poche de son sac de berger. Puis, sa fronde à la main, il s’avança vers le Philistin.

Goliath approcha à son tour, pas à pas, précédé de son porteur de bouclier. Il regarda devant lui, et quand il aperçut David, il le méprisa : il ne voyait là qu’un garçon roux au beau visage.
— Suis-je un chien, pour que tu viennes m’attaquer avec des bâtons ? cria-t-il.
Il maudit David au nom de ses dieux, puis il ajouta :
— Approche donc, que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs !
David répondit au Philistin :
— Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot. Moi, je marche contre toi au nom de Dieu, le Dieu de l’armée d’Israël, cette armée que tu as insultée. Aujourd’hui, Dieu va te livrer entre mes mains. Je t’abattrai et je te couperai la tête, et aujourd’hui même, je donnerai les cadavres de l’armée des Philistins aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages. Alors toute la terre saura qu’Israël a un Dieu. Et tous ceux qui sont rassemblés ici sauront que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que Dieu donne la victoire. Car la victoire est à Dieu, et il vous livre entre nos mains.
Dès que le géant se mit en marche pour venir à sa rencontre, David s’élança en courant sur le champ de bataille, droit vers lui. Il plongea la main dans son sac, en tira une pierre et la lança avec sa fronde. La pierre frappa le Philistin en plein front et s’y enfonça, et Goliath tomba face contre terre.
Ainsi, avec une fronde et une pierre, sans même avoir d’épée à la main, David terrassa le Philistin.
Puis David courut jusqu’au géant et s’arrêta près de lui. Il saisit l’épée de Goliath, la tira du fourreau, en acheva le géant et lui coupa la tête.
Quand les Philistins virent que leur héros était mort, ils prirent la fuite. Les hommes d’Israël et de Juda poussèrent de grands cris et se lancèrent à leur poursuite jusque dans la vallée et jusqu’aux portes d’Ékron. Des Philistins blessés à mort tombèrent tout le long du chemin de Shaaraïm, jusqu’à Gath et jusqu’à Ékron. Puis les Israélites revinrent de leur poursuite et pillèrent le camp ennemi.

Plus tard, David emporta la tête du Philistin à Jérusalem. Quant aux armes du géant, il les garda dans sa tente.
Plus tôt, au moment où il avait vu David marcher à la rencontre du Philistin, Saül avait demandé à Abner, le chef de son armée :
— Abner, de qui ce jeune homme est-il le fils ?
— Sur votre vie, Sire, je n’en sais rien, avait répondu Abner.
— Eh bien, renseigne-toi, avait dit le roi. Je veux savoir de qui ce garçon est le fils.
Lorsque David revint après avoir tué le Philistin, Abner le prit avec lui et le conduisit devant Saül. David tenait encore à la main la tête de Goliath.
— De qui es-tu le fils, jeune homme ? lui demanda Saül.
— Je suis le fils de votre serviteur Jessé, de Bethléem, Sire, répondit David.
Adapté par Talerie, source : Bible Segond 1910 (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Domaine public Copiez ce texte, adaptez-le, utilisez-le comme bon vous semble. Un lien vers Talerie nous fait plaisir, mais il n’est pas obligatoire. CC0 1.0 (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

