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Le Pêcheur et sa femmeVersion originale

Le Pêcheur et sa femme

Frères Grimm

18 min de lecture8–12 ans

Un pêcheur capture un prince enchanté sous la forme d'un poisson et le relâche. Sa femme, apprenant ce geste, le pousse à demander des souhaits au poisson magique, commençant par une petite maison puis des richesses toujours plus grandes. À chaque nouvelle demande, la mer devient plus agitée et menaçante, tandis que la femme réclame sans cesse davantage de pouvoir et de statut.

Version douceVersion originale

Il était une fois un pêcheur et sa femme, qui habitaient ensemble un misérable taudis au bord de la mer. Le pêcheur allait tous les jours jeter sa ligne à l'eau, et il pêchait, et il pêchait encore.

Un jour qu'il était assis au bord du rivage, les yeux tournés vers l'eau claire, il resta là longtemps, assis, toujours assis. Tout à coup, sa ligne s'enfonça, plongea très profondément, et lorsqu'il la retira, il tenait au bout une grosse barbue. La barbue lui dit : « Écoute-moi, pêcheur, je t'en prie, laisse-moi vivre. Je ne suis pas une vraie barbue, je suis un prince ensorcelé. À quoi te servirait de me faire mourir ? Je ne serais pas pour toi un grand régal. Rejette-moi dans l'eau et laisse-moi nager. »

« Allons, dit l'homme, tu n'as pas besoin d'en dire si long ; une barbue qui sait parler, je l'aurais sûrement laissée nager. » Et il la remit dans l'eau limpide. La barbue replongea jusqu'au fond, en laissant derrière elle une longue traînée de sang. Le pêcheur se leva et retourna auprès de sa femme, dans leur taudis.

« Mon homme, lui dit-elle, tu n'as donc rien pris aujourd'hui ?

— Non, dit l'homme. J'ai pris une barbue qui prétendait être un prince ensorcelé, et je l'ai laissée nager comme avant.

— Et tu n'as rien demandé pour toi ? dit la femme.

— Non, dit l'homme. Qu'aurais-je bien pu demander ?

— Ah ! dit la femme, c'est pourtant triste d'habiter toujours dans ce taudis qui pue et qui est si sale. Tu aurais bien pu nous souhaiter une petite chaumière. Retourne là-bas et appelle la barbue ; dis-lui que nous voudrions une petite chaumière. Elle le fera sûrement.

— Ah ! dit l'homme, pourquoi retournerais-je là-bas ?

— Voyons, dit la femme, tu l'as prise et tu l'as laissée repartir ; elle le fera bien. Vas-y tout de suite. »

L'homme n'en avait guère envie ; mais il ne voulait pas non plus contrarier sa femme, et il se rendit au bord de la mer. Quand il y arriva, l'eau était toute verte et toute jaune, elle n'était plus aussi limpide. Il s'approcha et dit :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

La barbue s'avança vers lui et dit : « Eh bien, que veut-elle donc ?

— Ah ! dit l'homme, je t'ai prise tout à l'heure, et ma femme prétend que j'aurais dû te demander quelque chose. Elle ne veut plus habiter le taudis, elle voudrait une chaumière.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle l'a déjà. »

L'homme s'en retourna, et sa femme n'était plus dans le taudis : à sa place se dressait une petite chaumière, et sa femme était assise sur un banc, devant la porte. Elle le prit par la main et lui dit : « Entre donc et regarde, c'est bien mieux ainsi. »

Ils entrèrent. Dans la chaumière, il y avait un joli petit vestibule, une belle petite salle et une chambre où était placé leur lit, une cuisine et un cellier, tout garni du meilleur équipement, avec de la vaisselle d'étain et de cuivre bien astiquée, tout ce qu'il fallait. Derrière se trouvaient une petite cour avec des poules et des canards, et un petit jardin plein de légumes et de fruits. « Regarde, dit la femme, n'est-ce pas ravissant ?

— Oui, dit l'homme, restons-en là ; nous allons vivre tout à fait heureux.

— Nous y réfléchirons », dit la femme. Là-dessus, ils mangèrent un peu et se mirent au lit.

Cela alla bien pendant huit ou quinze jours, puis la femme dit : « Écoute, mon homme, cette chaumière est vraiment trop étroite, et la cour et le jardin sont si petits ! La barbue aurait bien pu nous donner une plus grande maison. J'aimerais habiter un grand château de pierre. Va trouver la barbue : elle doit nous offrir un château.

— Ah ! femme, dit l'homme, cette chaumière nous suffit bien ; pourquoi habiterions-nous un château ?

— Bah ! dit la femme, vas-y donc, la barbue peut très bien le faire.

— Non, femme, dit l'homme, la barbue vient tout juste de nous donner cette chaumière ; je n'ose pas retourner la déranger, elle finirait par se lasser.

— Vas-y quand même, dit la femme ; elle en est bien capable et le fera volontiers. Va, te dis-je. »

L'homme avait le cœur lourd et n'en avait aucune envie ; il se disait à lui-même : « Ce n'est pas bien. » Pourtant il finit par y aller.

Quand il arriva près de la mer, l'eau était toute violette, d'un bleu sombre, grise et épaisse ; elle n'était plus verte ni jaune comme avant. Elle était encore calme, cependant. Il s'approcha et dit :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

« Eh bien, que veut-elle donc ? dit la barbue.

— Ah ! dit l'homme à demi troublé, elle veut habiter un grand château de pierre.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle est déjà devant la porte. »

L'homme s'en alla, croyant retrouver sa chaumière ; mais, en approchant, il vit un grand château de pierre, et sa femme se tenait tout en haut du perron, prête à entrer. Elle le prit par la main et lui dit : « Entre avec moi. » Il la suivit. Dans le château, il y avait un immense vestibule au dallage de marbre ; une foule de domestiques ouvraient à grand fracas les hautes portes ; les murs étaient éclatants, couverts de belles tentures ; dans les salles, les sièges et les tables étaient en or, des lustres de cristal pendaient aux plafonds, et partout, dans les chambres et les salles, on avait mis des tapis. Sur les tables, les mets et les vins les plus fins s'entassaient à croire qu'elles allaient rompre. Derrière le château, il y avait une grande cour avec des écuries pour les chevaux, des étables pour les vaches, et de magnifiques carrosses ; il y avait aussi un grand et superbe jardin plein des plus belles fleurs et de fins arbres fruitiers, et enfin un parc d'au moins une demi-lieue de long, où l'on voyait des cerfs, des daims, des lièvres, tout ce que l'on peut désirer.

« Alors, dit la femme, n'est-ce pas magnifique ?

— Ah ! oui, dit l'homme, restons-en là ; nous habiterons ce beau château et nous vivrons contents.

— Nous y réfléchirons, dit la femme, dormons d'abord là-dessus. » Et ils se couchèrent.

Le lendemain, la femme s'éveilla la première ; il faisait grand jour, et de son lit elle voyait s'étendre devant elle la belle campagne. L'homme s'étirait encore en s'éveillant. Elle le poussa du coude et dit : « Mon homme, lève-toi et regarde par la fenêtre. Vois, ne pourrions-nous pas devenir rois de tout ce pays ? Va trouver la barbue, nous voulons être rois.

— Ah ! femme, dit l'homme, pourquoi serions-nous rois ? Je n'en ai nulle envie.

— Bon, dit la femme, si tu ne veux pas être roi, moi je veux être roi. Va trouver la barbue, je veux être roi.

— Ah ! femme, dit l'homme, pourquoi veux-tu être roi ? Je n'oserai jamais lui dire cela.

— Et pourquoi pas ? dit la femme. Vas-y à l'instant, il faut que je sois roi. »

L'homme y alla, tout consterné que sa femme voulût être roi. « Ce n'est pas bien, ce n'est vraiment pas bien », pensait-il. Il ne voulait pas y aller, mais il y alla quand même. Quand il approcha de la mer, l'eau était toute d'un gris noir, elle bouillonnait du fond à la surface et répandait une odeur fétide. Il s'approcha et dit :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

« Eh bien, que veut-elle donc ? dit la barbue.

— Ah ! dit l'homme, elle veut devenir roi.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle l'est déjà. »

L'homme partit, et quand il approcha du palais, il vit que le château s'était encore beaucoup agrandi, avec une haute tour ornée de magnifiques décorations. Des sentinelles montaient la garde à la porte, et il y avait là une foule de soldats, des trompettes et des timbales. En entrant, il ne vit partout que du marbre le plus pur rehaussé d'or, des tapis de velours et de grands coffres d'or massif. Les portes de la grande salle s'ouvrirent : toute la cour y était réunie, et sa femme était assise sur un trône élevé, tout d'or et de diamant. Elle portait sur la tête une grande couronne d'or, elle tenait à la main un sceptre d'or pur garni de pierres précieuses ; et à ses côtés, sur deux rangs, se tenaient six demoiselles, chacune plus petite que l'autre de la tête.

Il s'avança et dit : « Ah ! femme, te voilà donc roi !

— Oui, dit-elle, je suis roi. »

Il se planta devant elle et la contempla ; et quand il l'eut regardée un moment, il dit : « Ah ! femme, comme il est beau que tu sois roi ! Maintenant, nous n'avons plus rien à désirer.

— Point du tout, mon homme, dit-elle tout agitée. Je trouve le temps long, je n'y tiens plus. Va trouver la barbue : je suis roi, il faut maintenant que je devienne empereur.

— Ah ! femme, dit l'homme, pourquoi veux-tu devenir empereur ?

— Mon homme, dit-elle, va trouver la barbue, je veux être empereur.

— Ah ! femme, dit l'homme, elle ne peut pas te faire empereur, je n'oserai pas lui dire cela. Il n'y a qu'un seul empereur dans l'empire : la barbue ne peut pas faire un empereur, elle ne le peut vraiment pas.

— Comment ! dit la femme, je suis roi, et tu n'es que mon mari. Vas-tu y aller tout de suite ? Si elle a pu me faire roi, elle peut me faire empereur. Je veux, je veux être empereur. Va, sur-le-champ. »

Il lui fallut partir. Mais en chemin, il était troublé et se disait en lui-même : « Cela va mal finir. Empereur, c'est trop demander ; la barbue va se lasser. »

En songeant ainsi, il arriva près de la mer : l'eau était noire et épaisse, elle commençait déjà à bouillonner du fond et à jeter de l'écume, et un vent aigre passait dessus, la faisant tourbillonner. Il fut saisi d'un frisson. Il s'approcha et dit :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

« Eh bien, que veut-elle donc ? dit la barbue.

— Ah ! barbue, dit-il, ma femme veut devenir empereur.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle l'est déjà. »

L'homme revint sur ses pas, et quand il arriva, tout le château était de marbre poli, orné de figures d'albâtre et de décorations d'or. Devant la porte, les soldats défilaient, sonnaient de la trompette, frappaient les timbales et battaient le tambour ; à l'intérieur du palais, les barons, les comtes et les ducs allaient et venaient comme de simples serviteurs. Ils lui ouvrirent les portes, qui étaient d'or massif. En entrant, il vit sa femme assise sur un trône d'or d'une seule pièce, haut de mille pieds ; elle portait une énorme couronne d'or de trois coudées, garnie de brillants et d'escarboucles. D'une main elle tenait le sceptre, de l'autre le globe impérial ; et à ses côtés, sur deux rangs, se tenaient ses gardes, chacun plus petit que l'autre, depuis le plus énorme des géants, haut de mille pieds, jusqu'au plus petit nain, pas plus grand que mon petit doigt. Devant elle se pressait une foule de princes et de ducs.

L'homme s'avança au milieu d'eux et dit : « Femme, te voilà donc empereur !

— Oui, dit-elle, je suis empereur. »

Il se planta devant elle et la contempla longuement ; et quand il l'eut regardée un moment, il dit : « Ah ! femme, comme il est beau de te voir empereur !

— Mon homme, dit-elle, que fais-tu là planté ? Je suis empereur, mais je veux maintenant devenir pape. Va trouver la barbue.

— Ah ! femme, dit l'homme, que demandes-tu là ? Tu ne peux pas devenir pape ; il n'y a qu'un seul pape dans la chrétienté. La barbue ne peut pas faire cela.

— Mon homme, dit-elle, je veux devenir pape ; vas-y vite, il faut que je sois pape aujourd'hui même.

— Non, femme, dit l'homme, je ne peux pas lui dire cela. Cela ne se peut pas, c'est trop ; la barbue ne peut pas te faire pape.

— Que de paroles, mon homme ! dit la femme. Elle a pu me faire empereur, elle peut bien me faire pape. En route ! Je suis empereur, et tu n'es que mon mari. Vas-tu y aller, oui ou non ? »

Il prit peur et partit ; mais le cœur lui manquait, il tremblait, il frissonnait, ses genoux et ses mollets flageolaient sous lui. Le vent balayait la campagne, les nuages couraient, et le ciel s'assombrissait vers le couchant ; les feuilles s'arrachaient des arbres avec bruit ; l'eau se soulevait et grondait comme si elle bouillait, elle se brisait à grand fracas sur le rivage. Au loin, il voyait les navires qui tiraient le canon d'alarme, dansant et bondissant sur les vagues. Le ciel n'était plus qu'à peine bleu en son milieu, mais tout autour montaient des nuages d'un rouge menaçant, comme avant un terrible orage.

Il s'approcha, tout épouvanté, et dit :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

« Eh bien, que veut-elle donc ? dit la barbue.

— Ah ! dit l'homme, elle veut devenir pape.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle l'est déjà. »

Il revint, et quand il arriva, il vit une immense église, tout entourée de palais. Il fendit la foule pour y pénétrer. À l'intérieur, tout était éclairé de mille et mille lumières ; sa femme était vêtue d'or de la tête aux pieds, assise sur un trône encore bien plus élevé, et portait trois énormes couronnes d'or ; elle était entourée d'une foule de prélats. À ses côtés se dressaient deux rangées de cierges, dont le plus grand était aussi épais et aussi haut que la plus haute tour, et le plus petit pareil au plus petit flambeau de cuisine. Tous les empereurs et les rois étaient agenouillés devant elle et baisaient sa mule.

« Femme, dit l'homme en la contemplant, il est donc vrai que te voilà pape ?

— Oui, dit-elle, je suis pape. »

Il se planta devant elle et la regarda longuement ; et il lui semblait regarder le plein soleil. Quand il l'eut ainsi contemplée un moment, il dit : « Ah ! femme, comme il est beau de te voir pape ! »

Mais elle restait raide comme une souche, sans remuer ni bouger.

Il lui dit : « Femme, sois contente maintenant. Te voilà pape ; tu ne peux plus rien désirer de plus.

— J'y réfléchirai », dit la femme.

Là-dessus, ils allèrent se coucher. Mais elle n'était pas contente ; l'ambition l'empêchait de dormir, et elle songeait sans cesse à ce qu'elle voudrait encore devenir.

L'homme dormit très bien, profondément : il avait beaucoup marché tout le jour. Mais la femme ne put fermer l'œil un seul instant ; elle se tourna d'un côté et de l'autre toute la nuit, cherchant toujours ce qu'elle pourrait bien devenir, et ne trouvant plus rien à imaginer. Cependant le soleil allait se lever, et quand elle vit poindre l'aurore, elle se dressa sur son séant et regarda de ce côté. En voyant le soleil monter par la fenêtre : « Ah ! pensa-t-elle, ne pourrais-je pas, moi aussi, commander au soleil et à la lune de se lever ? Mon homme, dit-elle en le poussant du coude dans les côtes, réveille-toi, va trouver la barbue : je veux devenir semblable au bon Dieu. »

L'homme était encore à moitié endormi, mais il fut si effrayé qu'il tomba de son lit. Il crut avoir mal entendu, se frotta les yeux et dit : « Ah ! femme, que dis-tu là ?

— Mon homme, dit-elle, si je ne peux pas commander au soleil et à la lune de se lever, et si je dois les regarder se lever sans mon ordre, je n'y tiendrai plus, et je n'aurai plus une seule heure de repos, à songer que je ne peux les faire lever moi-même. »

Et en disant cela, elle le regarda d'un air si terrible qu'un frisson lui parcourut tout le corps. « Va sur-le-champ, je veux devenir semblable au bon Dieu.

— Ah ! femme, dit l'homme en se jetant à ses genoux, la barbue ne peut pas faire cela. Empereur et pape, elle a pu le faire ; je t'en prie, rentre en toi-même et contente-toi d'être pape. »

Alors elle entra en fureur, ses cheveux volèrent en désordre autour de sa tête, elle déchira son corsage et donna à son mari un coup de pied en criant : « Je n'y tiens plus, je n'y tiens plus ! Veux-tu partir à l'instant ? »

Il enfila son pantalon en hâte et se mit à courir comme un fou.

Mais dehors, la tempête était déchaînée et grondait si fort qu'il pouvait à peine tenir sur ses pieds ; les maisons et les arbres étaient arrachés, les montagnes tremblaient, des éclats de rochers roulaient dans la mer, et le ciel était noir comme de la poix. Le tonnerre grondait, les éclairs jaillissaient, et la mer soulevait des vagues noires, hautes comme des clochers et comme des montagnes, portant toutes à leur sommet une couronne blanche d'écume. Il se mit à crier, sans même pouvoir entendre ses propres paroles :

Poisson, poisson, poisson des mers, Toi qui vis tout au fond de l'eau, Ma femme, ma chère Isabeau, Ne veut pas ce que je préfère.

« Eh bien, que veut-elle donc ? dit la barbue.

— Ah ! dit-il, elle veut devenir semblable au bon Dieu.

— Rentre chez toi, dit la barbue, elle est déjà de retour dans son taudis. »

Et ils y sont encore assis, aujourd'hui, à l'heure qu'il est.