
Le Loup et l’Agneau
2 min de lecture à partir de 5 ans talerie.com/fr/contes/le-loup-et-l-agneau
Un tout jeune agneau a suivi le bruit de l’eau jusqu’au ruisseau, loin du troupeau. C’est là qu’un loup le trouve. Il pourrait bondir tout de suite, mais il lui faut d’abord un motif.
Un agneau s’était éloigné du troupeau. Il était tout jeune, les pattes encore mal assurées, et il avait suivi le bruit de l’eau jusqu’au ruisseau, tout en bas du pré.
C’est là qu’un loup le trouva.
Il aurait pu bondir tout de suite. L’agneau était seul, minuscule, sans personne pour le défendre. Mais emporter une bête pareille sans avoir rien à lui reprocher, cela ne se faisait pas, même pour un loup. Il lui fallait un motif. Alors il chercha querelle.

— L’an dernier, dit-il en s’approchant, tu as dit du mal de moi.
L’agneau leva la tête.
— Ce n’est pas possible, monsieur, répondit-il de sa toute petite voix. L’an dernier, je n’étais pas né.
Le loup fit un pas de plus.
— Admettons. Mais tu viens brouter dans mes prés.
— Je n’ai jamais brouté de ma vie, je vous assure, dit l’agneau. Je ne sais même pas quel goût a l’herbe.
Le loup montra l’eau d’un coup de museau.
— Et ça, alors ? Tu bois à ma source.
— Je n’ai encore rien bu d’autre que le lait de ma mère, monsieur.
Il y eut un silence. On entendait le ruisseau passer sur les cailloux et, très loin, les clochettes du troupeau.
Le loup n’avait plus rien à lui reprocher. Cela ne l’arrêta pas.
— Tant pis, dit-il. Je ne vais pas me passer de dîner pour si peu.
Il bondit. L’agneau n’eut pas le temps d’appeler, et l’eau continua de courir sur les cailloux comme avant.
Adapté par Talerie, source : Aesop’s Fables : a new translation (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Domaine public Copiez ce texte, adaptez-le, utilisez-le comme bon vous semble. Un lien vers Talerie nous fait plaisir, mais il n’est pas obligatoire. CC0 1.0 (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

