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Perchée sur un brin d’herbe, une cigale verte joue du violon les yeux fermés ; plus bas, des fourmis portent des graines vers une porte ronde dans le talus.

La Cigale et la Fourmi

Ésope

2 min de lectureà partir de 3 ans

Un matin d’hiver, la fourmi fait sécher au soleil son grain humide, quand la cigale transie s’arrête au bord de la pierre et demande quelques graines. La fourmi lui demande ce qu’elle a fait de son été ; la cigale répond qu’elle chantait, et la fourmi lui dit de passer l’hiver à danser, puis se remet à son grain.


Par un beau matin d’hiver, la fourmi avait tout sorti dehors. Les longues pluies de l’automne avaient fini par traverser son grenier, et son grain avait pris l’humidité.

Elle en faisait de petits tas sur une pierre plate, bien au soleil. Elle les retournait du bout de la patte, les laissait sécher un moment, puis passait au tas suivant.

C’est alors que la cigale arriva, transie de froid, les ailes serrées contre le corps. Elle s’arrêta au bord de la pierre et regarda le grain sécher sans rien dire.

— S’il vous plaît, finit-elle par dire, donnez-moi quelques graines. Je meurs de faim.

Sur la neige, des fourmis noires entourent un tas de grain doré, et la cigale verte, l’air abattu, se penche vers elles, une patte avant levée.

La fourmi reposa ce qu’elle tenait et se redressa. S’interrompre en plein travail n’était pas dans ses habitudes, mais elle s’interrompit tout de même.

— Je peux vous poser une question ? dit-elle. Qu’avez-vous fait de tout votre été ? Pourquoi n’avez-vous rien mis de côté pour l’hiver ?

— C’est que, répondit la cigale, j’étais si occupée à chanter que je n’en ai pas trouvé le temps.

— Vous avez passé l’été à chanter, dit la fourmi. Alors passez l’hiver à danser.

Et, riant sous cape, elle se remit à son grain.

Adapté par Talerie, Source : Aesop's Fables: a new translation (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Licence : Domaine public