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Talerie
Le Vaillant Petit TailleurVersion originale

Le Vaillant Petit Tailleur

Frères Grimm

19 min de lecture6–12 ans

Un petit tailleur tue sept mouches d'un coup et, fier de cet exploit, se forge une réputation de guerrier en portant une ceinture proclamant son fait d'armes. Il parcourt le monde, déjoue un géant par la ruse et finit au service d'un roi qui lui propose d'affronter deux géants redoutables en échange de la main de sa fille.

Version douceVersion originale

Par une belle matinée d'été, un petit tailleur était assis sur sa table, près de la fenêtre. Il était de fort bonne humeur et cousait de toutes ses forces. Voilà qu'une paysanne descendit la rue en criant : « Bonne confiture à vendre ! Bonne confiture à vendre ! » Ce cri résonna agréablement aux oreilles du petit homme, qui passa sa mignonne tête par la fenêtre et appela : « Par ici, ma bonne dame, montez donc, vous trouverez ici à vendre votre marchandise. »

La femme grimpa les trois marches qui menaient chez le tailleur, chargée de son lourd panier, et elle dut déballer tous ses pots devant lui. Il les examina l'un après l'autre, les souleva, y colla le nez, et finit par dire : « Cette confiture me paraît bonne ; pesez-m'en donc deux onces, ma bonne dame, et si cela va jusqu'au quart de livre, cela m'est bien égal. » La paysanne, qui avait espéré vendre bien davantage, lui donna ce qu'il demandait, mais elle s'en alla toute fâchée, en grommelant.

« Allons, que Dieu me bénisse cette confiture, s'écria le petit tailleur, et qu'elle me donne force et vigueur ! » Il alla chercher le pain dans l'armoire, se coupa une belle tranche sur toute la longueur du pain et étala la confiture dessus. « Voilà qui ne sera pas amer, se dit-il ; mais avant d'y goûter, je veux finir cette veste. » Il posa sa tartine à côté de lui et se remit à coudre, faisant, dans sa joie, des points de plus en plus grands. Cependant, l'odeur de la confiture montait le long du mur, où les mouches se tenaient en grand nombre ; attirées par ce parfum, elles descendirent s'y poser en foule. « Eh bien ! qui vous a invitées ? » dit le petit tailleur, en chassant ces hôtes importuns.

Mais les mouches, qui ne comprenaient pas le français, ne se laissèrent pas éconduire et revinrent en compagnie encore plus nombreuse. Le petit tailleur finit par prendre la mouche, comme on dit ; il saisit un morceau de drap dans son tiroir : « Attendez un peu, je vais vous en donner ! » et il frappa dessus sans pitié. Quand il retira le chiffon et compta, il n'y en avait pas moins de sept qui gisaient devant lui, les pattes tendues. « Voilà donc quel gaillard tu fais ! » se dit-il, ne pouvant s'empêcher d'admirer sa propre bravoure. « Il faut que toute la ville l'apprenne. » Et à la hâte, le petit tailleur se tailla une ceinture, la cousit et y broda en grosses lettres : « Sept d'un coup ! » « Que dis-je, la ville ? ajouta-t-il ; c'est le monde entier qui doit le savoir ! » Et son cœur frétillait de joie dans sa poitrine comme la petite queue d'un agneau.

Le tailleur se noua donc la ceinture autour du corps et résolut de courir le monde, car il jugeait désormais son atelier trop petit pour sa vaillance. Avant de partir, il chercha dans toute la maison s'il n'avait rien à emporter, mais il ne trouva qu'un vieux fromage qu'il mit dans sa poche. Devant la porte, il remarqua un oiseau qui s'était pris dans un buisson : il le fourra dans sa poche avec le fromage. Puis il se mit vaillamment en route, et comme il était léger et agile, il ne sentait aucune fatigue.

Le chemin le mena sur une montagne, et lorsqu'il en eut atteint le plus haut sommet, il y trouva un énorme géant, tranquillement assis, qui regardait autour de lui. Le petit tailleur alla droit à lui, plein de courage, et lui adressa la parole : « Bonjour, camarade ! Te voilà assis, à contempler le vaste monde ? Justement, je me suis mis en route pour aller y chercher fortune. As-tu envie de venir avec moi ? » Le géant regarda le tailleur avec mépris et dit : « Petit gueux ! Misérable avorton ! » « Vraiment ? répondit le petit tailleur en déboutonnant son habit pour montrer sa ceinture au géant. Tu peux lire ici quel homme je suis. » Le géant lut : « Sept d'un coup ! », s'imagina que c'étaient des hommes que le tailleur avait tués, et conçut un peu plus de respect pour le petit personnage. Pourtant, il voulut d'abord l'éprouver ; il prit une pierre dans sa main et la serra si fort que l'eau en dégoulina. « Fais-en autant, dit le géant, si tu as de la force. » « N'est-ce que cela ? répondit le petit tailleur. Chez nous, c'est un jeu d'enfant. » Et fouillant dans sa poche, il en tira le fromage mou et le pressa si bien que le jus en jaillit. « Alors, dit-il, cela ne valait-il pas mieux encore ? » Le géant ne savait que dire, et n'en pouvait croire ses yeux devant un si petit homme. Il ramassa une pierre et la lança si haut qu'on la voyait à peine : « Allons, petit bonhomme, fais-en autant. » « Bien lancé, dit le tailleur, mais ta pierre a fini par retomber. Moi, je vais t'en jeter une qui ne reviendra jamais. » Il plongea la main dans sa poche, en tira l'oiseau et le lança en l'air. L'oiseau, tout heureux de sa liberté, s'éleva, s'envola et ne revint pas. « Que dis-tu de ce petit tour, camarade ? » demanda le tailleur. « Tu lances bien, dit le géant, mais nous allons voir maintenant si tu es capable de porter quelque chose de solide. » Il conduisit le petit tailleur devant un chêne énorme, abattu sur le sol, et lui dit : « Si tu es assez fort, aide-moi donc à sortir cet arbre du bois. » « Volontiers, répondit le petit homme ; prends seulement le tronc sur ton épaule, et moi je soulèverai les branches et la ramure, c'est le plus lourd. » Le géant prit le tronc sur son épaule, mais le tailleur s'assit sur une branche, et le géant, qui ne pouvait regarder derrière lui, dut porter l'arbre tout entier avec le petit tailleur par-dessus le marché. Le tailleur, bien à son aise et de belle humeur, sifflait la petite chanson :

Trois tailleurs s'en allaient par la porte de la ville,

comme si porter un arbre était un jeu d'enfant. Le géant, après avoir traîné cette lourde charge sur un bout de chemin, n'en put plus et cria : « Écoute, il faut que je laisse tomber l'arbre. » Le tailleur sauta lestement à terre, saisit l'arbre à deux bras, comme s'il l'avait porté, et dit au géant : « Un si grand gaillard, et tu n'es même pas capable de porter cet arbre ! »

Ils poursuivirent leur route ensemble, et comme ils passaient devant un cerisier, le géant empoigna la cime de l'arbre, où pendaient les fruits les plus mûrs, la courba jusqu'en bas et la mit dans la main du tailleur pour qu'il en mange. Mais le petit tailleur était bien trop faible pour la retenir, et lorsque le géant lâcha prise, l'arbre se redressa d'un coup, emportant le tailleur dans les airs. Quand il fut retombé sans mal, le géant lui dit : « Comment ? Tu n'aurais pas assez de force pour tenir cette faible branche ? » « Ce n'est pas la force qui me manque, répondit le petit tailleur. Crois-tu que ce soit là quelque chose pour un homme qui en a abattu sept d'un coup ? J'ai sauté par-dessus l'arbre parce que des chasseurs, en bas, tiraient dans les buissons. Saute donc à ton tour, si tu en es capable. » Le géant essaya, mais il ne put franchir l'arbre et resta accroché dans les branches, si bien que le petit tailleur garda encore l'avantage.

Le géant dit : « Puisque tu es un si vaillant gaillard, viens avec nous dans notre caverne et passe la nuit chez nous. » Le petit tailleur y consentit et le suivit. Quand ils arrivèrent dans la caverne, d'autres géants y étaient assis près du feu, chacun tenant à la main un mouton rôti qu'il dévorait. Le petit tailleur regarda autour de lui et pensa : « C'est tout de même bien plus vaste ici que dans mon atelier. » Le géant lui montra un lit et lui dit de s'y coucher et de bien dormir. Mais le lit était trop grand pour le petit tailleur : il ne s'y coucha pas et se glissa plutôt dans un coin. À minuit, croyant le petit tailleur plongé dans un profond sommeil, le géant se leva, prit une grosse barre de fer et fendit le lit d'un seul coup, sûr d'avoir réglé son compte à cette sauterelle. Au petit matin, les géants partirent dans la forêt, ayant tout à fait oublié le petit tailleur ; mais voilà qu'il arriva soudain, marchant d'un air joyeux et fort effronté. Les géants prirent peur, craignirent qu'il ne les assomme tous, et s'enfuirent à toutes jambes.

Le petit tailleur poursuivit son chemin, toujours le nez au vent. Après avoir longtemps marché, il parvint dans la cour d'un palais royal, et comme il se sentait fatigué, il se coucha dans l'herbe et s'endormit. Pendant qu'il était là, des gens vinrent l'examiner sous toutes les coutures et lurent sur sa ceinture : « Sept d'un coup ! » « Ah ! se dirent-ils, que vient faire ce grand héros de guerre ici, au beau milieu de la paix ? Ce doit être un puissant seigneur. » Ils allèrent l'annoncer au roi, songeant que, si la guerre venait à éclater, ce serait là un homme précieux qu'il ne faudrait à aucun prix laisser partir. Le conseil plut au roi, qui dépêcha un de ses courtisans auprès du petit tailleur, afin de lui offrir du service dès qu'il serait éveillé. L'envoyé se tint près du dormeur, attendit qu'il étire ses membres et ouvre les yeux, puis lui fit sa proposition. « C'est justement pour cela que je suis venu, répondit-il ; je suis prêt à entrer au service du roi. » On le reçut donc avec grands honneurs, et on lui assigna un logement particulier.

Mais les gens de guerre en voulaient au petit tailleur et l'auraient souhaité à mille lieues de là. « Que va-t-il advenir de nous ? se disaient-ils entre eux. Si nous nous querellons avec lui et qu'il frappe, il en tombera sept à chaque coup. Aucun de nous n'y résistera. » Ils prirent donc une résolution, se rendirent tous ensemble auprès du roi et lui demandèrent leur congé. « Nous ne sommes pas faits, dirent-ils, pour tenir aux côtés d'un homme qui en abat sept d'un coup. » Le roi fut bien triste de perdre, à cause d'un seul, tous ses fidèles serviteurs ; il aurait voulu ne jamais avoir posé les yeux sur cet homme, et se serait volontiers débarrassé de lui. Mais il n'osait pas le congédier, de peur qu'il ne le tue, lui et son peuple, pour s'emparer du trône royal. Il réfléchit longtemps, et finit par trouver un moyen. Il fit dire au petit tailleur que, puisqu'il était un si grand héros de guerre, il voulait lui faire une proposition. Dans une forêt du royaume vivaient deux géants qui causaient de grands ravages par leurs vols, leurs meurtres, leurs incendies : personne n'osait les approcher sans mettre sa vie en danger. S'il parvenait à vaincre et à tuer ces deux géants, le roi lui donnerait sa fille unique en mariage, avec la moitié du royaume pour dot ; et cent cavaliers l'accompagneraient pour lui prêter main-forte. « Voilà qui serait bien pour un homme comme moi, pensa le petit tailleur ; une belle princesse et la moitié d'un royaume, cela ne s'offre pas tous les jours. » « Oh oui ! répondit-il ; ces géants, je saurai bien les mater, et je n'ai que faire des cent cavaliers : qui en abat sept d'un coup n'a rien à craindre de deux à la fois. »

Le petit tailleur se mit donc en route, suivi des cent cavaliers. Arrivé à la lisière de la forêt, il dit à ses compagnons : « Restez ici, je viendrai bien à bout des géants tout seul. » Puis il s'élança dans le bois, regardant à droite et à gauche. Au bout d'un moment, il aperçut les deux géants : ils étaient couchés sous un arbre, dormant et ronflant si fort que les branches en tremblaient. Le petit tailleur, sans perdre de temps, remplit ses deux poches de pierres et grimpa dans l'arbre. Parvenu au milieu, il se laissa glisser le long d'une branche jusqu'à se trouver juste au-dessus des dormeurs, et laissa tomber une pierre après l'autre sur la poitrine de l'un d'eux. Le géant ne sentit longtemps rien, mais il finit par se réveiller, poussa son compagnon et dit : « Pourquoi me frappes-tu ? » « Tu rêves, dit l'autre ; je ne t'ai pas touché. » Ils se recouchèrent pour dormir ; alors le tailleur jeta une pierre sur le second. « Qu'est-ce que cela ? s'écria celui-ci. Pourquoi me jettes-tu des pierres ? » « Je ne t'ai rien jeté », grogna le premier. Ils se disputèrent un moment, mais comme ils étaient fatigués, ils finirent par laisser tomber, et leurs yeux se refermèrent. Le petit tailleur recommença son jeu, choisit la plus grosse de ses pierres et la lança de toutes ses forces sur la poitrine du premier géant. « C'est trop fort ! » cria celui-ci, et se levant comme un fou, il précipita son compagnon contre l'arbre, qui en trembla. L'autre lui rendit la monnaie de sa pièce, et ils entrèrent dans une telle rage qu'ils arrachaient des arbres pour se les jeter à la figure, jusqu'à ce qu'ils tombent enfin tous deux morts sur le sol. Alors le petit tailleur redescendit. « C'est bien heureux, se dit-il, qu'ils n'aient pas arraché l'arbre où j'étais perché, sinon j'aurais dû sauter sur un autre comme un écureuil ; mais dans notre métier, on est leste ! » Il tira son épée, donna à chacun quelques bons coups dans la poitrine, puis alla retrouver les cavaliers et leur dit : « Le travail est fait, je leur ai réglé leur compte à tous les deux ; mais ce fut chaud, ils ont arraché des arbres pour se défendre. Seulement, tout cela ne sert à rien quand on a affaire à un homme comme moi, qui en abat sept d'un coup. » « N'êtes-vous donc pas blessé ? » demandèrent les cavaliers. « Il n'y a rien à craindre, répondit le tailleur ; ils ne m'ont pas dérangé un seul cheveu. » Les cavaliers ne voulaient pas le croire ; ils entrèrent dans le bois et trouvèrent en effet les géants baignant dans leur sang, entourés de tous les arbres qu'ils avaient arrachés.

Le petit tailleur réclama au roi la récompense promise ; mais celui-ci se repentait de sa parole et cherchait de nouveau comment se débarrasser du héros. « Avant d'obtenir ma fille et la moitié de mon royaume, lui dit-il, tu dois encore accomplir un exploit. Dans la forêt court une licorne qui cause de grands dégâts : il faut d'abord que tu la captures. » « Une licorne me fait encore moins peur que deux géants : sept d'un coup, telle est ma devise. » Il prit avec lui une corde et une hache, s'en alla dans le bois et ordonna de nouveau à ceux qui l'accompagnaient de l'attendre au-dehors. Il n'eut pas à chercher longtemps : la licorne parut bientôt et s'élança droit sur le tailleur, comme pour l'embrocher sans façon. « Doucement, doucement, dit-il ; cela ne va pas si vite. » Il resta immobile et attendit que la bête soit tout près de lui, puis se glissa lestement derrière l'arbre. La licorne, lancée de toutes ses forces contre le tronc, y enfonça sa corne si profondément qu'elle n'eut plus la force de la retirer, et se trouva ainsi prise. « Voilà mon petit oiseau en cage », dit le tailleur ; il sortit de derrière l'arbre, passa d'abord la corde autour du cou de la licorne, puis dégagea la corne du tronc à coups de hache, et quand tout fut en ordre, il emmena la bête et la conduisit au roi.

Le roi ne voulait toujours pas lui accorder la récompense promise, et lui imposa une troisième condition. Avant les noces, le tailleur devait lui prendre un sanglier qui causait de grands ravages dans la forêt, et les chasseurs l'aideraient. « Volontiers, dit le tailleur ; c'est un jeu d'enfant. » Il n'emmena pas les chasseurs dans le bois, et ils en furent bien contents, car le sanglier les avait déjà reçus plus d'une fois de telle sorte qu'ils n'avaient nulle envie de recommencer. Dès que le sanglier aperçut le tailleur, il fonça sur lui, la gueule écumante et les dents grinçantes, pour le renverser à terre ; mais le léger héros bondit dans une petite chapelle qui se trouvait tout près, et en ressortit aussitôt d'un saut par la fenêtre du haut. Le sanglier avait couru derrière lui, mais le tailleur fit le tour par le dehors et referma la porte ; la bête furieuse se trouva prise, bien trop lourde et pataude pour ressortir par la fenêtre. Le petit tailleur appela les chasseurs, qui durent voir le prisonnier de leurs propres yeux ; puis le héros se rendit auprès du roi, qui, bon gré mal gré, dut cette fois tenir sa promesse et lui donner sa fille et la moitié de son royaume. S'il avait su que ce n'était pas un héros de guerre, mais un petit tailleur qui se tenait devant lui, cela lui aurait pesé bien davantage sur le cœur. Les noces furent donc célébrées avec grande pompe et petite joie, et d'un tailleur on fit un roi.

Quelque temps après, la jeune reine entendit, la nuit, son époux qui parlait en rêve : « Allons, garçon, finis-moi cette veste et raccommode-moi cette culotte, ou je te donne de l'aune sur les oreilles ! » Elle comprit ainsi dans quelle ruelle le jeune seigneur était né, et le lendemain matin elle alla confier son chagrin à son père, le priant de la délivrer d'un mari qui n'était qu'un simple tailleur. Le roi la consola et lui dit : « La nuit prochaine, laisse ta chambre ouverte ; mes serviteurs se tiendront au-dehors, et quand il sera endormi, ils entreront, le lieront et le porteront sur un navire qui l'emmènera au bout du monde. » La jeune femme en fut satisfaite ; mais l'écuyer du roi, qui avait tout entendu et qui aimait bien le jeune seigneur, alla lui révéler tout le complot. « À cela je vais mettre bon ordre », dit le petit tailleur. Le soir, il se coucha à l'heure ordinaire avec sa femme ; et lorsqu'elle le crut endormi, elle se leva, ouvrit la porte et se recoucha. Le petit tailleur, qui faisait seulement semblant de dormir, se mit à crier d'une voix bien claire : « Allons, garçon, finis-moi cette veste et raccommode-moi cette culotte, ou je te donne de l'aune sur les oreilles ! J'en ai abattu sept d'un coup, j'ai tué deux géants, emmené une licorne et capturé un sanglier ; et j'irais avoir peur de ceux qui se tiennent là, devant ma chambre ? » En entendant le tailleur parler ainsi, ils furent tous saisis d'une grande frayeur et s'enfuirent comme si toute une armée de démons était à leurs trousses ; et jamais plus personne n'osa se risquer contre lui. Ainsi le petit tailleur fut roi, et le demeura toute sa vie.