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Dans une forêt de fougères, un lion couché sur le flanc est pris sous un filet de cordes ; tout près de son museau, un rat ronge une corde effilochée.

Le Lion et le Rat

Ésope

2 min de lectureà partir de 4 ans

Un rat trotte sur le museau d’un lion endormi et se retrouve cloué sous sa patte ; il promet de le revaloir, et le lion rit et le relâche. Des semaines plus tard, le rat libère le lion pris dans le filet des chasseurs ; le lion se relève, secoue sa crinière et le regarde repartir tranquillement dans l’herbe.


Par un après-midi de grande chaleur, un lion dormait au fond de sa tanière. Un rat passa en trottinant sur son museau, sans même s’en apercevoir.

Le lion ouvrit les yeux d’un coup. Sa patte s’abattit et cloua le rat contre le sol.

— Voilà ce qu’on gagne à réveiller un lion, gronda-t-il.

Le rat tremblait de tous ses membres.

— Pardonnez-moi, souffla-t-il. Je ne l’ai pas fait exprès. Laissez-moi la vie sauve, et un jour, je vous le revaudrai.

Dans l’ombre de la tanière, un rat couché contre la patte allongée du lion lève les pattes et ouvre la gueule ; le lion baisse vers lui ses yeux dorés.

Le lion trouva la promesse si drôle qu’il en rit tout haut.

— Toi, me rendre service ? dit-il en soulevant sa patte. Va-t’en. Tu m’auras au moins fait rire.

Le rat détala sans demander son reste.

Les semaines passèrent, et le lion oublia toute cette histoire.

Un matin, des chasseurs tendirent un grand filet entre les arbres, là où le gibier venait boire. Le lion suivait une piste, le nez au ras du sol, et il ne vit rien venir. Les mailles se refermèrent sur lui.

Il se débattit, roula sur le dos, tira de toutes ses forces. Plus il tirait, plus les cordes serraient.

Alors il rugit, et son rugissement roula d’un bout à l’autre de la forêt.

Le rat l’entendit depuis son trou. Il reconnut cette voix entre toutes et courut jusqu’à l’endroit d’où elle venait.

Il trouva le lion couché sur le flanc, pris dans le filet jusqu’aux oreilles.

— Ne bougez plus, dit le rat. Laissez-moi faire.

Il se mit à ronger les cordes de ses petites dents pointues, une à une, sans jamais s’arrêter. Le filet céda, maille après maille.

Le lion sortit la tête, puis une patte, puis tout le reste. Il se releva et secoua sa crinière.

— Vous avez ri, l’autre jour, quand je vous ai promis de vous le revaloir, dit le rat. Vous voyez : un rat peut aider un lion.

Le lion baissa vers lui sa grosse tête et le regarda repartir tranquillement dans l’herbe.

Adapté par Talerie, Source : Aesop's Fables: a new translation (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Licence : Domaine public